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Confrontations sur les frontières

 

La guerre commence souvent par un franchissement violent de frontière pour occuper un territoire, soumettre ses habitants, renverser un régime, s’accaparer des ressources. Aujourd’hui, on déclare volontiers les frontières dépassées par la post-modernité, les marchés et la mondialisation. Qu’en est-il vraiment ?

La revue médium, dont Régis Debray est le directeur, vient de publier un numéro double 24/25 (430 pages) « Frontières » qui tente de répondre à ces questions et à bien d’autres encore. L’essentiel des textes publiés est issu d’un séminaire de réflexion d’une semaine à la Fondation des Treilles auquel participaient des universitaires et chercheurs de différentes disciplines. En « ouverture », Michel Melot et Régis Debray affichent l’intention du projet. « Nous vivons un formidable paradoxe. Pendant que l’hypersphère nous transporte à travers le monde comme sur un tapis volant et que le rêve de vivre sans frontière semble prendre forme sur nos écrans banalisés, jamais on n’aura construit autant de murailles géantes entre deux déserts, bouclé autant de ghettos, semé autant de mines dans nos champs mitoyens, mené autant de guerres douanières, organisé autant de déportations d’un côté à l’autre d’une ligne dont on ne sait plus qui l’a tracée, mais que l’on renforce avec la même énergie que l’on met à la faire disparaître. »

Un biologiste québécois, un membre de l’Institut et physicien émérite de l’Institut de Physique du Globe de Paris, plusieurs philosophes, une spécialiste des sciences de l’information et de la communication, un praticien de la finance, un économiste, un géographe spécialiste des frontières, un politologue spécialiste de communication, un médecin, ancien fondateur d’une ONG connue et critique de l’ingérence humanitaire apportent leur éclairage respectif.

 
Il en ressort que les frontières existent, voire se durcissent parfois, mais qu’elles sont fréquemment floues, poreuses, imparfaitement linéaires. La frontière, jadis tranchée, entre le minéral et le vivant, est devenue plus floue. « Entre guerre comme flux et guerre pour le territoire symbolique, il se pourrait bien qu’il nous faille revenir à la notion de frontière à la fois comme convention et comme protection », écrit un auteur.

Gabriel Galice, vice-président du GIPRI, qui publia des études sur les frontières économiques et politiques, en partenariat avec le professeur Claude Raffestin, ancien chef de département de géographie de l’université de Genève, prit part à ce séminaire.
Son article « Berlin –Genève » est sous

Etudes et dossiers
 « Berlin –Genève » 
dans le site.

Les illustrations d’Ernest Pignon-Ernest, peintre célèbre qui colle ses installations dans les paysages urbains, de Ramallah à Durban en passant par Naples, Brest et Alger, viennent rehausser les textes, dessins, schémas et photos, faisant de ce cahier instructif  un bel objet.

http://www.mediologie.org

 

Les causes des guerres à venir


Sous la direction de Gabriel Galice

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EDITORIAL

Les difficultés du GIPRI


Le GIPRI traverse une période difficile. Ce n’est bien sûr pas la première, mais celle que nous vivons actuellement doit être prise très au sérieux, car l’environnement général n’est pas favorable aux activités d’organisations telles que la nôtre.
Rappelons que le projet de financement du GIPRI dans la durée par la mise en œuvre d’un contrat de prestations établi avec l’Etat n’a pas été approuvé  par la Commissions des finances du Grand Conseil, à la fin de l’an dernier. Nous pouvons malgré tout poursuivre nos activités cette année, bien que de manière réduite, grâce aux soutiens de l’Etat et de la Ville de Genève. Rien n’est cependant assuré pour les années à venir.
Une fois encore donc se pose la question de la justification du maintien d’un organisme indépendant tel que le GIPRI, qui, depuis plus d’une génération  a contribué  à faire entendre la voix des grandes traditions de Genève dans le domaine de la paix.
Nous tenterons de maintenir cette longue aventure. Notre Conseil de fondation a accueilli ces derniers mois de nouveaux membres, qui souhaitent s’investir pour que le GIPRI reste actif. Car c’est bien là que réside sa force principale, l’engagement bénévole et volontaire de personnes  convaincues de la justesse et de la nécessité de porter une attention continue à l’établissement et au maintien de la paix. Ce que soulignait le premier document fondateur du GIPRI en 1980 reste entièrement valable : « Il n’y aura jamais trop d’instituts consacrés à l’élude du problème de la guerre et de la paix, devenu littéralement vital pour la survie de l’humanité. Il n’y aura jamais trop d’approches pour l’étude de ce problème ».

Professeur Jacques Diezi
Président du Conseil de Fondation